|
Dernière mise à jour 19/02/2002.
Comment est née l'Initiative de Budapest pour l'Accès Ouvert (BOAI) ?
Les
1er et 2 décembre 2001, l'Institut pour la Société Ouverte (OSI -
Open Society Institute) à appelé à une rencontre des principaux partisans de
l'accès libre aux revues scientifiques et savantes. L'objectif était de voir
comment et jusqu'à quel point les initiatives pouvaient collaborer entre elles
et comment l'OSI pouvait utiliser ses ressources pour faire avancer cette
cause.
S'agit-il d'une Initiative de l'Europe de l'Est ?
Non. Il s'agit d'une initiative à l'échelle mondiale. Elle n'est baptisée
"Budapest" que parce que l'OSI y a ses quartiers
généraux et que c'est dans cette ville que l'OSI a organisé la
rénion qui a donné naissance à la BOAI.
Il est de tradition de donner aux initiatives, annonces publiques et
principes le nom des villes où ils ont été formulés.
Même en limitant par exemple à notre propre domaine de réflexion,
d'importantes prises de positions publiques sont nommées
Aarhus,
Havana,
Lund,
Okinawa,
San José,
Sante Fe,
ou Tempe.
Nous avons consciencieusement suivi cette tradition.
Quelle est la relation entre l'OSI (Open Society Institute) et la BOAI ?
L'OSI a provoqué une réunion qui a donné naissance à la BOAI, et l'OSI en est la
première institution signataire. L'OSI s'est engagé à utiliser ses ressources
pour faire avancer cette cause et pour aider au recrutement d'autres
institutions.
Quelle est la différence entre la BOAI et la Bibliothèque Publique pour la
Science (PLoS - Public Library of Science) ?
La PloS demande aux revues existantes de donner un accès libre à leur contenu,
dans des archives publiques, dans les six mois qui suivent la publication
imprimée. Elle demande aux scientifiques de refuser de participer en tant
qu'auteurs, relecteurs ou rédacteurs et de refuser de payer les
frais d'abonnement aux revues qui ne se soumettent pas à ces règles. La BOAI
diffère sur les points suivants. (1) La BOAI s'applique à tous les champs
disciplinaires, et non pas seulement aux sciences. (2) la BOAI supporte de
façon équivalente les revues en accès libre
et l'auto-archivage comme moyens
d'atteindre le libre accès. (3) La BOAI ne demande pas que les revues
existantes changent leur politique d'accès, puisqu'elle pense qu'elles le
feront d'elles-mêmes. A la place, elle lèvera des fonds pour couvrir les frais
de ces revues souhaitant faire la transition et pour créer de nouvelles revues
engagées dans l'accès libre. (4) Les signataires de la lettre ouverte de la
PloS demandent aux revues et aux éditeurs de réaliser certains changements. Les
signataires de la BOAI s'engagent à réaliser les
changements relevant de leurs
compétences propres. Nous remercions la PloS de
nous avoir laissé adapter le logiciel de récolte des signatures qu'elle a
réalisé pour son propre site web.
Quelle est la différence entre la BOAI et l'Initiative pour les Archives Ouvertes
(OAI - Open Archives Initiative) ?
L'Initiative pour les Archives Ouvertes (OAI) est un standard de métadonnées rendant les
données stockées dans différentes archives aptes à être traitées par des
services tels que moteurs de recherche comme si elles étaient hébergées dans
une archive unique (en jargon technique, l'OAI supporte l'interopérabilité). La
BOAI soutient l'auto-archivage compatible OAI, mais la BOAI n'est pas un
sous-ensemble de l'OAI, ni vice versa.
Quelle est la
différence entre la BOAI et d'autres initiatives visant à rendre divers types
d'information numériques en libre accès ?
La BOAI se distingue par son objectif et l'insistance qu'elle met sur le
consentement de l'auteur. (1) La BOAI se focalise tout spécialement la
littérature de recherche avec validation par les pairs, ne s'applique pas aux
logiciels, à la musique, aux films ou autres. (2) Pour la BOAI, le libre
accès doit être soumis au consentement de l'auteur, et non au besoin ou au
désir de l'utilisateur. Pour plus d'information sur cette seconde condition, consultez
nos questions/réponses ci-dessous sur le consentement et le droit
d'auteur.
La BOAI deviendra-t-elle un éditeur ?
Non. La BOAI aidera à la création de revues en libre
accès et d'auto-archivage pour les articles
publiés dans d'autres revues.
Pour quel type de littérature, exactement, la BOAI espère-t-elle assurer
le libre accès ?
La BOAI ne recherche le libre accès que pour les textes de recherche scientifiques
et universitaires que les auteurs donnent aux éditeurs et aux lecteurs sans
demander ni redevance ni rétribution. Comme le stipule la déclaration publique
de la BOAI, "[p]rincipalement, cette catégorie englobe leurs articles dans
des revues à comités de lecture, mais aussi toute prépublication n'ayant pas
encore fait l'objet d'une évaluation [que les universitaires] pourraient
souhaiter mettre en ligne pour commentaire ou pour avertir leurs collègues
d'une découverte scientifique importante." Cela n'inclut pas les ouvrages
dont les auteurs pourraient préférer tirer des revenus. Cela n'inclut pas les
écrits non-universitaires tels que romans ou nouvelles.
La BOAI ne couvrant pas spécialement les "dons de
savoirs" autres qu'articles de revues à comité
de lecture et prépublications, elle pourrait cependant être étendue assez
naturellement à tout écrit pour lesquels les auteurs n'attendent pas de
payement. Cela inclut les monographies scientifiques sur des thèmes pointus,
les actes de conférences, les thèses et
mémoires, les rapports gouvernementaux, et lois et avis juridiques.
Tous les scientifiques et universitaires consentent-ils réellement à céder leurs écrits ?
Non. La BOAI fait une distinction explicite et fondamentale entre les écrits que les
scientifiques et universitaires souhaitent ou ne souhaitent pas céder
gratuitement. La BOAI ne s'applique qu'aux premiers. L'objectif étant que,
lorsque les auteurs souhaitent céder leurs écrits, alors les lecteurs ne
devraient pas payer de droit d'accès pour les lire. Il devrait y avoir un accès
libre à ce genre d'écrits, et uniquement à ceux-là. La BOAI n'éprouve pas le
besoin d'estimer le nombre d'auteurs appartenant à cette catégorie, et n'assume
aucune tentative de fournir un accès gratuit à un quelconque écrit sans
l'accord de son auteur.
Typiquement, les auteurs de manuels scolaires espèrent en tirer des revenus. C'est pourquoi
cette Initiative ne s'applique pas aux manuels. La plupart des auteurs de
monographies scientifiques espèrent en tirer des revenus, sans toujours une
vision réaliste du marché. C'est pourquoi cette Initiative ne s'applique pas
aux monographies scientifique. Mais au contraire, la plupart des auteurs
d'articles de revues à comités de lecture n'attendent pas de payement et
publient volontiers dans des périodiques ne leur payant ni droits, ni
honoraires. Ces articles forment le noyau de la littérature à laquelle
s'applique cette Initiative.
Notons que même les auteurs cédant leurs écrits de cette façon peuvent conserver leur
copyright et peuvent attacher de l'importance à le faire. L'important est de
renoncer au payement, non de renoncer au droit de propriété intellectuelle, ni
de verser les écrits d'autrui dans le domaine public.
Qu'en est-il de la littérature de recherche déjà publiée ?
Cette Initiative ne s'attache qu'à donner un libre accès à la littérature de
recherche future. Cependant, lorsque les problèmes liés aux finances, aux
autorisations et aux standards peuvent être réglés, alors il est vivement
souhaitable que la littérature passée soit digitalisée et mise en libre accès.
Qu'entend la BOAI par "libre accès" ?
Voici
la définition du "libre accès" tirée de la BOAI : " Par
"accès libre" à cette littérature, nous entendons sa mise à
disposition gratuite sur l'Internet public, permettant à tout un chacun de
lire, télécharger, copier, distribuer, imprimer, chercher ou faire un lien vers
le texte intégral de ces articles, les disséquer pour les indexer, s'en servir
de données pour un logiciel, ou s'en servir à toute autre fin légale, sans
barrières financières, légales ou techniques autres que celles indissociables
de l'accès et l'utilisation d'Internet. La seule contrainte à la reproduction
et la distribution, et le seul rôle du copyright dans ce domaine, devrait être
de garantir aux auteurs un contrôle sur l'intégrité de leurs travaux et le
droit à être correctement reconnus et cités."
Le libre accès est-il compatible avec le copyright ?
Totalement. Succinctement, la loi du copyright (ou droit de copie) donne au
détenteur du droit de copie le droit de rendre l'accès restreint ou libre, et la BOAI
cherche à remettre ce droit de copie entre les mains des auteurs ou
institutions qui consentent à rendre libre l'accès. Moins sommairement, la
réponse à cette question varie selon qu'on traite de l'auto-archivage
ou des revues en libre accès.
- Auto-archivage. Les auteurs de prépublications conservent leur droit de copie et
pourront toujours les déposer dans des archives ouvertes sans aucun problème de
copyright. Si la pré-publication est par la suite accepté pour publication par
un périodique exigeant le transfert du copyright à l'éditeur, alors le
périodique peut accorder ou non sa permission pour que la post-publication
validée soit déposée dans une archive ouverte. Si la permission est accordée,
il n'y a, là encore, aucun problème de copyright. Si la permission est refusée,
alors la pré-publication peut demeurer dans l'archive ouverte car il s'agit de
travaux différents de la post-publication et l'auteur n'a jamais transféré le
copyright sur la prépublication. De plus, l'auteur peut déposer dans l'archive
une liste de corrections ou de différences entre pré- et post-publications.
Cela n'est pas bien entendu aussi pratique pour le lecteur que le serait la
consultation en ligne de la totalité de la post-publication, mais cette
solution fournit l'équivalent du texte intégral de la post-publication et vaut
infiniment mieux que pas d'accès libre du tout. Pour plus de détail, consultez
la section auto-archivage.
- Revues. Les revues en libre accès pourront soit laisser les auteurs conserver leur
copyright, soit leur demander de le céder à l'éditeur. Dans un cas comme dans
l'autre, le détenteur du copyright s'engage à mettre les travaux publiés en
libre accès. Lorsque l'éditeur détient le copyright, il accepte de lui même
le libre accès. Lorsque les auteurs conservent le copyright, ils
s'engagent au libre accès en signant à l'éditeur une licence de diffusion
autorisant le libre accès. Les éditeurs de revues en libre accès se doteront de
modèles de licences pour les auteurs. Il existe de nombreuses façon de rédiger
une telle licence. Consultez par exemple la licence
rédigée par la Public Library of Sciences.
La BOAI ne prône l'accès libre à la littérature faisant l'objet d'un copyright
contre la volonté du détenteur du copyright ou en violation de la loi du
copyright. Elle ne prône pas non plus de changement dans la loi du copyright.
Elle cherche à élargir autant que possible dans les limites du droit de copie,
et en accord avec le souhait du détenteur du copyright.
L'accès libre est-il compatible avec la validation par les pairs ?
Totalement. La BOAI recherche le libre accès pour la littérature validée par un comité de
lecture. La seule exception concerne les pré-publications, qui sont mises en
ligne avant leur validation, mais qui sont destinées à des revues à comité de
lecture dans un stade ultérieur de leur évolution. La validation par les pairs
est indépendante du support de diffusion, elle est aussi nécessaire pour les
revues en ligne que pour les revues imprimées, et pas plus compliquée.
L'auto-publication sur l'Internet, qui contourne la validation par les pairs,
n'est pas la sorte d'accès libre que la BOAI recherche et assume.
L'accès libre est-il compatible avec l'imprimé ?
Totalement. L'accès libre est un accès en ligne, mais il n'exclut pas l'accès imprimé aux
mêmes travaux. L'accès libre est gratuit pour le lecteur, mais il n'exclut pas
un accès payant à la version imprimée des mêmes travaux (les éditions imprimés
étant coûteuses à produire, elles ont tendance à être payantes plutôt que
gratuites). Le libre accès n'exclut pas l'impression par les utilisateurs, ni
les archives imprimées comme sécurité ou pour la préservation à long terme.
Pour certains éditeurs, l'imprimé exclura l'accès libre, mais l'inverse ne doit
jamais se produire.
L'accès libre est-il compatible avec des critères de sélection et une
qualité élevés ?
Totalement. Tout simplement parce que les mêmes facteurs qui contribuent à des publications
scientifiques dont les critères sont élevés et de haute qualité peuvent être
appliqués, avec les mêmes effets, à la littérature en libre accès. Moins
sommairement, la réponse à cette question dépend, encore une fois, de ce dont
il est question : auto-archivage ou revues en
accès libre.
- Auto-archivage. Les scientifiques auto-archivent aussi bien des pré-publications
non validées que des post-publications validées par un comité de lecture.
Examinons chacun de ces deux cas. (A) En qualifiant les prépublications de
"non-validées", nous entendons, bien entendu, qu'elles n'ont pas
encore fait l'objet d'une validation par les pairs. Leur qualité n'a pas été
évaluée, ni affirmée par d'autres experts du domaine. Mais cela vient de ce
qu'ils n'ont pas encore été validés, et non pas de ce qu'ils apparaissent dans
une archive ouverte. Aussi longtemps qu'ils porteront le label de
pré-publication, il n'y a ni tromperie du lecteur, ni dévalorisation de
l'ensemble de la littérature soumise à arbitrage ou à validation par les pairs.
(B) Les post-publications acceptées ont été soumises par la revue à la
validation par les pairs. Les critères selon lesquels ils ont été évalués et
recommandés sont ceux des revues du domaine, et ces critères ne dépendent pas ni
du support de la revue (imprimé ou électronique), ni de son prix (payant ou
gratuit). La qualité des articles répondant à ces critères repose entièrement
sur ces critères, et non pas sur le fait qu'une archive y donne un accès libre.
- Revues. La qualité des revues scientifique est fonction de la qualité de leurs
éditeurs, de leurs comité éditoriaux et de leurs lecteurs, et chacun influence
la qualité des auteurs qui leur soumettent des articles. Les revues en libre
accès peuvent mettre en œuvre exactement le même contrôle de qualité que le
font les revues traditionnelles. La principale raison en est que les personnes
impliquées dans le processus éditorial et les critères qu'ils utilisent ne
dépendent pas du support (imprimé ou électronique) ni du coût (payant ou
gratuit) de la publication. C'est d'autant plus évident dans le cas où
exactement les mêmes personnes, éditant des revues imprimées ou à accès
restreint, éditent aussi des revues en libre accès, soit parce que leur
périodique paraît sous deux versions, soit parce qu'ils se sont
retirés d'une
revue ne s'engageant pas dans l'accès libre et qu'ils ont créé une nouvelle
revue en libre accès afin de satisfaire la même communauté scientifique. Les
revues en libre accès ne diffèrent pas de celles à accès payant par leur
engagement dans la validation par les pairs, ni par leur façon de la conduire,
mais seulement par leur modèle de recouvrement de leurs frais, ce qui n'a aucun
impact sur la qualité des articles qu'elles publient.
Si la véritable question est de savoir si ceux qui appellent au libre accès
appellent en réalité au renoncement au principe de validation par les pairs, ou
à une forme d'auto-publication sur l'Internet qui contourne cette validation,
la réponse est non. Voir à ce sujet la seconde des réponses
ci-dessus.
L'accès libre est-il compatible avec une période d'embargo ?
Non. L'accès
libre est un accès libre de toute barrière, et
les périodes d'embargo constituent une barrière
à l'accès. Un grand nombre des
bénéfices attendus du libre accès ne peuvent
être atteints lorsque les embargos sont en place. Quoi qu'il
en soit, si retarder l'accès libre ne sert pas tous les buts
de la BOAI, cela en sert quelques uns. Tout comme un accès
libre est plus satisfaisant qu'un accès reporté, un
accès libre différé est meilleur qu'un
accès payant de façon permanente. Soulignons que les
auteurs peuvent toujours assurer un accès libre
immédiat à travers l'auto-archivage
ou en publiant dans des revues fournissant un accès
libre immédiat à leur contenu. Consultez la réponse similaire
à la question sur les initiatives visant à rendre les
revues abordables plutôt que gratuites.
Pourquoi la BOAI n'appelle-t-elle pas les scientifiques à verser leurs travaux dans
le domaine public ?
Verser des travaux en ligne dans le domaine public est une façon d'en assurer le libre
accès. mais cette méthode laisse aux auteurs moins de droits que ce qu'ils
pourraient souhaiter (par exemple le droit de se prémunir contre le plagiat ou
la publication de versions altérées de leurs travaux). Cependant, l'usage du
copyright pour protéger les droits élémentaires de l'auteur n'interfère pas
avec le type de libre accès dont il est question à propos de recherche et
d'enseignement. Le principal objectif de la BOAI est d'améliorer et d'accélérer
la recherche. Les chercheurs n'ont pas besoin du droit de publier les travaux
d'autres chercheurs sous des versions mutilées ou attribuées à d'autres que
leurs auteurs réels. Laisser les auteurs conserver leur droit de contrôler
l'intégrité et l'exactitude des citations de leur travaux n'interfère donc en
aucune façon avec le type de libre accès que la BOAI soutient.
Les utilisateurs doivent-ils demander à l'auteur (ou au détenteur du
copyright) son autorisation chaque fois qu'ils souhaitent faire ou distribuer une copie ?
Non. Le consentement de l'auteur à
l'accès libre pour un article donné est manifesté par
l'auto-archivage de l'article dans une archive en libre
accès, sa publication dans une revue en accès libre, ou
par une déclaration explicite accompagnant l'article. Les archives et revues en
accès libre aideront les lecteurs en affirmant clairement qu'elles offrent un
accès libre à leur contenu, et elles respecteront les auteurs en n'offrant
en libre accès que les travaux pour lesquels les auteur ont consenti à
l'accès libre. Quoi qu'il en soit, si des travaux
faisant l'objet d'un copyright sont disponibles sur l'Internet, mais en dehors de telles
archives ou revues, et qu'il n'y a pas d'autre indication concernant les voeux du
détenteur du copyright, les utilisateurs devraient systématiquement
demander une autorisation pour toute copie dépassant l'usage privé.
Prenez-vous vos désirs pour des réalités ? Pensez-vous réellement
que les archives et revues en ligne soient gratuites ?
Le terme "gratuit" est ambigu. Nous entendons gratuit pour les lecteurs,
et non pas gratuit pour les producteurs. Nous sommes conscients que la
littérature en libre accès n'est pas gratuite (sans coût) à produire. Mais cela
ne doit pas hypothéquer la possibilité de la rendre gratuite (sans payement)
pour les lecteurs et utilisateurs. Les coûts de production de la littérature en
libre accès sont nettement inférieurs aux coûts de production de la littérature
imprimée ou diffusée en ligne mais soumise au payement de droits d'accès. Ces
faibles coûts peuvent être supportés par une large gamme de financeurs potentiels
parmi lesquels la BOAI n'affiche aucune préférence. Pour plus de détail, voir
nos questions "Comment donner un accès gratuit à une littérature dont la
production n'est pas gratuite" et "Comment les revues en libre accès
couvrent-elles leurs dépenses".
Si les publications en libre accès ne sont pas produites gratuitement, comment les
proposer gratuitement aux lecteurs ?
L'accès
libre ne requiert pas l'injection de nouveaux fond en plus de ceux déjà
dépensés par les revues, mais une ré-affectation des dépenses. Tel qu'il est
dépensé aujourd'hui, l'argent ne donne un accès qu'à l'acheteur, de telle façon
que cet accès est limité à ceux qui peuvent y mettre le prix. Si au lieu de
cela, l'argent était utilisé à couvrir les frais de diffusion en ligne des articles,
alors les articles pourraient être accessible gratuitement pour tous. En
résumé, la solution consiste à utiliser les fonds existant pour payer les
articles sortant (diffusion), et non pas pour les articles entrant (accès). Les
coût des articles pour couvrir les frais de diffusion pourraient être supportés
par les universités qui emploient les auteurs, les organismes qui financent
leurs recherches, ou d'autres sources possibles.
L'argent déjà dépensé pour les revues suffira. D'aucun évaluent le revenu des revues
issus des abonnements et licences d'accès à une moyenne de
4000 US$ par article,
alors que d'autres estimations annoncent une
valeur encore supérieure. Au contraire, la principale dépense d'une revue en
accès libre réside dans la validation par les pairs, dont
le coût se situe dans une fourchette de
200 à 500 US$ par article.
De plus, il existe de bonnes raisons de penser que le budget requis par la
fourniture d'un accès libre sera significativement inférieur
à celui actuellement dépensé pour l'accès restreint.
Comment savez-vous que la publication en accès libre est économiquement viable ?
Notre confiance vient (1) des revues
existantes qui nous donnent de l'espoir, et (2)
des raisons élémentaires, déjà évidentes, de penser que la publication en libre
accès sera économiquement viable.
Les raisons élémentaires sont de deux ordres : tout d'abord, il est évident que les
coûts de publication en libre accès sont significativement inférieurs à ceux de
la publication traditionnelle, et ensuite, des raisons de penser que les
budgets nécessaires pour couvrir ces coûts significativement réduits peuvent
être trouvés, ne serait-ce qu'en redirigeant les sources qui
couvrent actuellement les coûts supérieurs de la publication traditionnelle. Nous
développons ces deux types de raisons dans notre réponse à la question
"Comment les revues en accès libre couvrent leurs dépenses".
Le modèle accès libre est bien plus viable que le modèle actuel, sous lequel le
prix des revues a augmenté plus rapidement que l'inflation et plus rapidement
que les budgets des bibliothèques durant ces trois dernières décades. Dans le
modèle à accès libre, les coûts des revues vont chuter. Les payer sera plus
facile, même si aucun fonds supplémentaire n'est trouvé. Les budgets déjà
alloués à la littérature savante seront plus qu'adéquats au lieu de devenir de
plus en plus inadéquats.
Quelle est la différence entre accès libre et source libre ?
Les logiciels en source libre, comme
les logiciels libres, sont des types de
logiciels, précisément, des logiciels dont le code source est gratuitement
disponible pour toute analyse ou modification. L'accès libre est
un type d'accès ou de mise à disposition. Ce type d'accès pourrait
s'appliquer à tout objet numérique tel que logiciels, musiques, films ou
informations. Mais la BOAI n'appelle qu'au libre accès d'un certain
type de littérature scientifique et universitaire. Voir aussi notre question "En
quoi la BOAI diffère-t-elle des autres initiatives visant à rendre l'information numérique
gratuite pour les usagers."
Pour obtenir les réponses à un plus grand nombre de
questions sur l'auto-archivage, consultez le site de eprint.org,
sa FAQ en anglais
.
Vous trouverez dans cette section les réponses aux questions les plus basiques.
Qu'est ce que l'auto archivage ?
L'auto-archivage, consiste à déposer un document
électronique sur un site web en accès public, de préférence selon le
format d'archivage des publications
électroniques définis par l'OAI. Ce dépôt implique une interface web
simple, où le dépositaire copie/colle les métadonnées (date, auteur, titre, nom
du journal, etc ..), et attache ensuite le texte intégral du document. Un
logiciel autorisant l'auto-archivage de plusieurs documents groupés, plutôt
qu'un par un. est en cours de développement.
Comment moi ou mon organisme, pouvons-nous créer une archive de publication
électronique ?
Des logiciels de publication électronique libres (ne mettant en oeuvre que des
logiciels libres), ont été développés, pour que toute institution ou même
individu puisse créer sa propre archive de publication électronique compatible
OAI. L'installation de cette archive ne nécessite qu'un peu de place sur un
serveur web. Installer un logiciel de publication électronique est relativement
simple, et simplifié à chaque nouvelle version du logiciel. Cela ne réclame que
peu de temps au webmaster pour l'installer et pour le maintenir.
L'investissement est très léger. Le véritable enjeu n'est ni de créer, ni de
maintenir une archive de publication électronique, mais d'assurer qu'elle soit
rapidement remplie du contenu attendu. Ce contenu, pour le BOAI, consiste en pré-publications
destinées à une validation par les pairs et en post-publications validées et
publiées.
Qui devrait auto-archiver ?
La BOAI concerne spécifiquement la littérature
scientifique validée et ce quel que soit la discipline. Ce sont les auteurs des articles
eux-mêmes qui devraient auto-archiver afin d'optimiser la visibilité,
l'accessibilité, la rapidité de diffusion et l'impact de leur travail.
L'auto-archivage, bien que simple et rapide, peut toutefois être effectué par
des automates installés dans l'institution, à la bibliothèque ou
à grande échelle par des logiciels libres en cours de développement.
Qu'en est-il du copyright ?
L'auteur
détient le copyright sur la pré-publication non encore validée. Il peut
donc l'auto-archiver sans demander la permission de quiconque. Pour la publication
validée, l'auteur peut essayer de modifier l'accord de cession de copyright
afin d'autoriser l'auto-archivage. En cas d'échec, il peut ajouter à la
pré-publication déjà archivée un corrigenda.
L'auto-archivage est-il légal ?
Les textes qu'un auteur a lui même écrits
relèvent de sa propre propriété intellectuelle. L'auteur détient le
droit de copie (copyright) et est libre de donner ou de vendre des copies, imprimées ou en
ligne (par exemple par auto-archivage), comme il l'entend. Par exemple, la pré-publication
non encore validée peut toujours être légalement auto-archivée.
L'auto-archivage de ses propres textes originaux (non issus de plagiat) est en général
légal dans tous les cas sauf deux. La première de ces deux exceptions relève
d'un type de littérature ne concernant pas la BOAI, et pour la seconde, il
existe une alternative.
Exception 1 : lorsque
le copyright a été cédé à un éditeur pour un texte faisant l'objet d'un
paiement -- i.e. l'auteur a été (ou sera) recevra une rétribution en échange de
ce texte -- l'auteur ne doit pas l'auto-archiver. Le texte relève toujours de
la "propriété intellectuelle" de l'auteur, en ce sens que la
paternité est conservée par l'auteur et que le texte ne doit pas être plagié,
mais le droit de vendre ou céder le texte a été transmis à l'éditeur.
L'exception 1 ne relève pas de la BOAI puisque celle-ci n'est concernée que par les textes
de recherche validés par les pairs pour lesquels l'auteur n'attend, n'espère, ni ne reçoit
aucune rétribution.
Exception 2 : lorsque
le copyright a été cédé à un éditeur de revue pour une version validée par les
pairs évaluée et acceptée par cette même revue, alors cette version ne
doit pas être auto-archiver par l'auteur.
La pré-publication avant évaluation a, de toute façon, été (légalement)
auto-archivée (A un moment où aucun accord de cession de copyright n'existait).
Dans de tels cas, lorsque l'éditeur refuse de modifier l'accord de cession de
copyright afin d'autoriser l'auto-archivage de la version finale validée
("post-publication"), un corrigenda listant les modifications à
apporter à la pré-publication non encore validée pour la rendre conforme à la
post-publication validée, peut être auto-archivée à sa place, au côté de la pré-publication
déjà auto-archivée.
Comment les revues en libre accès couvrent-elles leurs dépenses d'exploitation ?
La réponse à cette question à deux éléments. (1) Tout d'abord les revues en accès
libre sont bien moins chères à produire que les revues imprimées ou en ligne
mais à accès payant. (2) Ensuite, il existe des modèles de financement qui ne
requièrent pas une limitation de l'accès par la taxation des lecteurs ou des
institutions. Examinons les dans l'ordre.
- Les revues en libre accès réaliseront des économies significatives en ne publiant
qu'en ligne, plutôt qu'en imprimé, et en se dispensant des coûts liés à la
gestion des abonnements et des équipements permettant de distinguer les
utilisateurs autorisés ou non-autorisés auquel il faut bloquer l'accès.
De plus des logiciels libre et peu
couteux permettant d'automatiser presque toutes les opérations
réalisées par une revue en ligne, exception faite de la pratique de
l'évaluation par les éditeurs et les relecteurs.
As the BOAI puts it, "[t]here are many alternative sources of funds for this purpose, including the foundations and governments that fund research, the universities and laboratories that employ researchers, endowments set up by discipline or institution, friends of the cause of open access, profits from the sale of add-ons to the basic texts, funds freed up by the demise or cancellation of journals charging traditional subscription or access fees, or even contributions from the researchers themselves. There is no need to favor one of these solutions over the others for all disciplines or nations, and no need to stop looking for other, creative alternatives."
- Tout modèle de financement qui ne taxe pas les lecteurs ou leurs institutions pour
l'accès peut fonctionner. Cela signifie ni droits d'abonnement, ni droits de
licence, ni pay-per-view. De quel autre source l'argent peut-il venir ? Il
existe de nombreuses sources possibles et la BOAI ne donne pas sa préférence à
l'une plutôt qu'à l'autre. Comme déclaré dans la BOAI, "[i]l existe, pour
cette fin, de nombreuses sources de financement alternatives, parmi lesquelles
les institutions et les gouvernements qui financent la recherche, les
universités et laboratoires qui emploient les chercheurs, des dotations
allouées par discipline ou par institution, les amis de la cause du libre
accès, les profits des ventes d'enrichissements apportés aux textes de base,
les fonds libérés par la transformation ou la disparition des périodiques
facturant un abonnement traditionnel ou un prix d'accès, voire des
contributions des chercheurs eux-mêmes. Nul besoin de favoriser une solution
plutôt qu'une autre pour toutes les disciplines et toutes les nations, ni
d'arrêter de chercher de nouvelles alternatives originales."
Mon université souhaite créer une archive institutionnelle pour
l'auto-archivage. Comment s'y prendre ?
Consultez la réponse
à cette question dans notre FAQ sur l'auto-archivage.
J'aimerais lancer une nouvelle revue en accès libre. Comment m'y prendre ?
Lancer une revue en libre accès a beaucoup en commun avec
lancer une revue imprimée. En dehors du problème du personnel et du financement, il
faut bien estimer sa taille, sa couverture par rapport à d'autres revues, et le risque
de ne pas réussir à attirer suffisamment d'auteurs ou de lecteurs. Mais si vous vous
sentez prêts, et disposez de personnes compétentes, expérimentées, et
énergiques pour participer en tant qu'éditeur et comité éditorial, et qui
soient engagés dans l'accès libre, alors vous devriez examiner les
kits logiciels permettant d'automatiser presque toutes les tâches liées à
l'exploitation d'une revue en ligne, à part le jugement éditorial. Certain
offrent des solutions prêtes à l'emploi. Pour une aide plus spécifique et plus
détaillée, consultez les liens et les conseils rassemblés dans les pages web
suivantes (classement par ordre alphabétique de l'organisation sponsor) :
Je suis le responsable scientifique d'une revue dont l'éditeur s'oppose au libre
accès. Que puis-je faire ?
Vous pouvez rechercher un éditeur plus en accord avec
votre propre vision de l'accès libre. Si vous en trouvez un, déclarez votre
indépendance vis-à-vis de votre éditeur actuel. Voici quelques
exemples de revues
s'étant déclarées indépendantes de leur éditeur.
Je suis responsable d'une revue qui n'offre pas d'accès libre, mais nous sommes
maintenant prêts à le faire. Comment opérer la transition entre le modèle basé
sur les frais d'abonnement et d'accès à celui reposant sur des financements
alternatifs ?
Une partie de la solution consiste à réduire les frais, par exemple en publiant en
ligne seulement plutôt qu'en imprimé, en utilisant les
logiciels d'automatisation des
tâches routinières et en ne fournissant que ce qui est essentiel, sans superflu. Le
plus essentiel pour un éditeur à accès libre est la validation
par les pairs (Les éditeurs à accès libre n'ont pas besoin de
dépenser de l'argent ni en gestion des abonnements, ni en système de blocages des
accès pour les non-abonnés). Le reste de la solution est le financement. Pour certains
périodiques, le coût du passage à l'accès libre peut être supporté par les
universités des auteurs, ou par les aides à la recherche attribuées à l'auteur
(en renonçant à ces charges lorsque l'auteur ne dispose pas de fonds pour les
couvrir). Cela peut être considéré comme l'achat de réimpressions électroniques
(comme proposé par Thomas
Walker), ou comme l'inclusion des frais de diffusion dans le coût de la recherche (comme
le pratique BioMed Central). Avec le
temps, de nombreux périodiques se rendront compte qu'ils peuvent remplacer les
frais d'abonnement ou de licence par des charges sur les articles et fournir
ainsi un accès libre sur une part de plus en plus importante de leur contenu.
Pour une aide plus spécifique et détaillée, voir ci-dessus les liens dans notre
réponse à propos du lancement de nouvelles revues en
libre accès.
A quoi bon les signatures ?
Les signataires s'engagent à aider la cause selon
les formes qui s'offrent à eux en
tant qu'individus ou institutions. La principale raison de solliciter ces
signatures est de solliciter ces engagements d'aide et de participation. Mais
une seconde importante considération est que chacun d'entre nous pourra tirer
force et encouragement de noms particuliers et du nombre croissant de
signataires. Par exemple, des individus universitaires qui partagent notre
vision pourraient se sentir impuissant simplement parce qu'ils se sentent seuls
: la liste des signataires devrait les encourager à agir, par exemple en
auto-archivant leurs articles ou en les soumettant à des
revues en libre accès. Périodiques et éditeurs
pourraient différer le changement s'ils croient qu'il
correspond à une faible demande ; voir la liste des signataires devrait
accélérer la décision d'avancer vers le libre accès.
La longue liste publique des signatures de la lettre ouverte de la PloS
(Public Library of Science) a clairement
donné aux partisans du libre accès ce type d'encouragements. Alors que notre
Initiative diffère de la PloS, la PloS a participé à
la rédaction de la BOAI, et nous encourageons tous les signataires de la lettre ouverte
de la PloS à signer aussi cette Initiative.
Quelle conséquences prévoyez-vous à cette Initiative ?
Nous espérons réunir un grand nombre de signatures d'individus et d'organisations.
Nous espérons que chaque signataire travaillera chacun
à sa façon à l'avancement de cette cause. Nous espérons voir plus
d'universités créer des archives institutionnelles pour
l'auto-archivage et adopter des politiques encourageant les
facultés à rendre, à travers elles, leurs pré-publications et
leurs post-publications validées accessibles gratuitement. Nous espérons voir
de nouvelles revues engagées dans le libre
accès dans tous les champs
disciplinaires. Nous espérons lever une somme d'argent significative pour
développer le principe d'auto-archivage, pour lancer de nouvelles revues en
libre accès et pour convertir les revues existantes souhaitant adopter une
politique de libre accès. Nous espérons voir une augmentation régulière
de la part en libre accès de la littérature de recherche
à validation par les pairs. Nous espérons que les plus jeunes scientifiques
entreront dans le monde académique en considérant le libre accès
comme allant de soi, tant pour leurs propres écrits que pour les écrits qu'ils
souhaitent consulter dans le cadre de leur recherche. Nous espérons que les contribuables
demanderont le libre accès à la recherche financée par leur gouvernement.
Nous espérons que les bénéficiaires de la recherche, tels que les malades,
demanderont la suppression de toute barrière superflue et artificielle à la recherche
afin que, de partout, les contributions au savoir soient données gratuitement par leurs
auteurs, et soient disponibles gratuitement pour l'usage de tous les
chercheurs.
Quel impact attendez-vous de la BOAI sur des revues qui n'offrent pas un accès libre à leur
contenu ?
Les revues qui ne souhaitent pas donner un accès libre n'ont rien à craindre de la
BOAI, si ce n'est la concurrence. Nous ne soutenons pas une piraterie ou une
aliénation de leur propriété intellectuelle. Nous ne demandons pas qu'elles
changent leur politique d'accès et ne les menaçons pas de boycott ou d'autres
sanctions si elles ne font pas ce changement. Nous les encourageons à offrir un
accès libre et aiderons à trouver les financements pour couvrir les frais de la
transition vers l'accès libre des revues qui souhaitent l'opérer. Nous espérons
que les revues ne souhaitant pas offrir un accès libre coopérerons du moins
avec les auteurs voulant auto-archiver leurs articles. Nous aiderons
aussi au lancement de nouvelles revues en libre accès, qui concurrenceront les revues
qui n'offrent pas de libre accès. Notre but n'est pas de mettre les éditeurs
commerciaux sur la paille, mais de fournir un accès ouvert à une part aussi
grande que possible de la littérature de recherche à
validation par les pairs. Si les éditeurs souhaitent aider cette cause, ils seront les
bienvenus. S'ils ne le souhaitent pas, nous poursuivrons notre but sans leur aide.
Notre projet est constructif, et non destructif. Nous aiderons au
lancement de nouvelles revues qui testeront, affineront et tireront partie des
nouveaux modèles de recouvrement des frais et dans le même temps, nous aiderons
à fournir un accès libre immédiat à travers
l'auto-archivage. Ces deux méthodes sont à la
portée des scientifiques et des universitaires eux-mêmes. Quoi qu'il en soit, nous
accueillons volontiers l'aide de tous ceux qui partagent notre vision.
La BOAI nuira-t-elle aux bonnes causes subventionnées par les revenus des périodiques ?
Non, dans la mesure où les revues subventionnant l'activité de
sociétés savantes (ou tout autre cause valable) ont besoin de maintenir un
système d'abonnement payant.
Oui, dans la mesure où les revues en libre accès exerceront une
pression concurrentielle sur toutes les revues payantes.
Nous croyons que l'opportunité d'accès libre à la
littérature de recherche à validation par les pairs née de l'Internet devrait
être saisie, même si les revenus générés par l'édition
payante de cette littérature sert de justes causes. Si un bienfait public significatif peut
être mis à disposition gratuitement, alors il ne doit pas devenir payant
dans le seul but de subventionner un autre bienfait. Si le second bienfait est valable, il doit
y avoir d'autres moyens de le soutenir.
Quel impact attendez-vous de la BOAI sur les bibliothèques souhaitant acquérir
ou conserver tout type de littérature ?
Nous n'appelons pas les bibliothèques à cesser d'acquérir
ou de conserver la littérature payante d'aucune sorte. Nous n'appelons pas les
bibliothèques à modifier leurs politiques de revues puisqu'ils prennent déjà
en considération un facteur comme le prix avec d'autres critères tels que usage et
impact. Nous n'appelons pas les bibliothèques à annuler leurs abonnements sur la
seule base de leur prix ou en donnant au prix l'ascendant sur d'autres critères. Nous
n'appelons les bibliothèques à boycotter aucun type de littérature ni aucun
éditeur.
La BOAI traite d'un type d'accès précis
pour un type de littérature précis. Elle
est totalement compatible avec d'autres types d'accès pour d'autres types de
littérature. Même pour le type de littérature qui nous concerne, une bonne
partie ne sera pas accessible comme nous le souhaiterions pendant un certain
temps. Les bibliothèques devraient aujourd'hui servir leurs usagers en leur
offrant la littérature dont ils ont besoin, et les soutenir demain en nous
aidant à rendre une part de plus en plus grande de cette littérature disponible
gratuitement. En plus d'apporter leur soutien aux revues en libre accès, les
bibliothèques peuvent faire avancer cette cause en aidant les facultés à
auto-archiver leurs articles de recherche et en hébergeant
les archives institutionnelles.
Quel impact attendez-vous de la BOAI sur les chercheurs, enseignants, consommateurs et
autres souhaitant acheter, transmettre ou utiliser la littérature payante ?
Nous ne demandons aux chercheurs, enseignants et consommateurs
(ni à personne d'autre) de boycotter aucune forme de littérature ni aucun type
d'éditeur. Si la littérature dont ils ont besoin pour leur recherche, leurs cours
ou leurs loisirs n'est pas disponible en ligne gratuitement, alors ils devraient acheter
ou emprunter ce dont ils ont besoin. Nous leur demandons d'aider cette cause en
rendant leurs propres écrits disponibles en ligne gratuitement,
et non pas en dénaturant leurs projets de recherche ou leurs cours en favorisant une
littérature en libre accès qui ne répondrait pas à leurs besoins.
Quel impact attendez-vous de la BOAI sur les initiatives visant à donner à la
littérature scientifique un prix raisonnable plutôt que de la rendre gratuite ?
Nous espérons que ces initiatives réussiront, car
leur succès rendra la littérature scientifique plus accessible qu'elle ne l'est
aujourd'hui. Cependant nous croyons que la littérature sur laquelle se focalise la BOAI,
la littérature de recherche à validation par les pairs
dans toutes les disciplines, peut et doit être entièrement gratuite pour les lecteurs.
Si les initiatives déjà lancées pour donner à la littérature un
prix raisonnable sont convaincues par notre démarche, nous les invitons à nous
rejoindre. Si elles ne le sont pas, alors nous leur souhaitons de réussir à progresser vers un
accès plus large.
|